
Ava Roth est une artiste canadienne qui collabore avec des abeilles mellifères, littéralement ! Depuis plusieurs années, elle crée des structures, cadres en bois, broderies, mandalas… qu’elle installe ensuite dans des ruches. Les abeilles construisent leurs rayons de cire directement sur les œuvres, et le résultat final est une co-création entre l’artiste et les insectes.
Sa dernière série, Kintsu-Bee, pousse le concept encore plus loin. Le principe : elle prend des céramiques cassées (une tasse sans anse, une assiette fissurée) et les place dans ses ruches. Les abeilles reconstruisent les parties manquantes en cire et en alvéoles. L’anse absente réapparaît en rayons de cire dorée. Les fissures se comblent d’architecture hexagonale.

Le nom est un jeu de mots sur le kintsugi, cette technique japonaise qui consiste à réparer la céramique brisée avec de la laque d’or. Le kintsugi ne cherche pas à cacher la cassure, il la met en valeur, il en fait une partie de l’histoire de l’objet. Ici, c’est la cire des abeilles qui remplace l’or. Et le message est le même : la réparation comme acte de beauté, pas comme camouflage.
Ce qui est fascinant, c’est qu’Ava Roth ne contrôle pas le résultat. Elle pose le cadre, mais ce sont les abeilles qui décident de la forme finale. Parfois elles suivent les contours proposés, parfois elles débordent, improvisent, inventent. Chaque pièce est unique parce que chaque colonie construit différemment.
Le résultat, c’est des objets hybrides, moitié humains, moitié insectes, qui sont aussi beaux que ce qu’ils racontent.
Pour découvrir le travail d’Ava Roth : avaroth.ca · Instagram @avarothart